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  • Benoit Viot Delforge

Ce que l'on apprend de soi en allant faire les courses

D'après Elaine Smookler, Mindful Magazine





Dans le magasin, je m'approchais du rayon laitier et je voyais bien qu'il n'y avait plus que quelques briques du lait végétal que nous consommons habituellement à la maison. J'essayais de maintenir mon plus grand calme, espérant que personne ne faisant attention à ces briques de lait. Je faisais comme si d'autres produits attiraient mon attention mais toute mon attention n'était portée que sur ces briques. J'étais tout en tension, comme le tigre prêt à sauter sur sa proie. Parce que la pandémie allait s'abattre sur nous, ces briques de lait étaient le seul salut de ma petite famille.


Au début de cette période de maintien à domicile, mes parents m'ont appelé, m'ordonnant de me rendre au plus vite dans le magasin d'alimentation le plus proche et de faire un stock de tout ce que je pouvais trouver pour les prochaines semaines, car il y avait un grand mouvement de panique et que l'on ne savait de quoi demain serait fait et que les gens sont imprévisibles. Dans leurs voix, pour une fois, on sentait de la panique, de l'inquiétude, voire de la peur. Ce qui ne leur ressemble pas d'ordinaire.


Cet appel téléphonique a été pour moi un déclencheur. Jusqu'alors, je ne reniais pas de prendre le temps de serrer une main tendue, de donner une accolade à un ami et de prendre le temps de discuter. Et puis les nouvelles se sont enchainées, terrifiantes, désastreuses, poussant chacun d'entre nous à se conduire comme le dernier de son espèce : il me fallait à tout prix ces briques de lait.


J'ai alors pris une grande inspiration. J'ai ressenti mes pieds bien posés sur le sol, juste à côté du rayon des Mozzarella. J'ai pris le temps de revenir à moi, arrêtant de tout engouffrer dans mon caddie par compulsion et sans réfléchir. J'ai ressenti mon corps, j'ai porté attention à mon rythme respiratoire, j'ai écouté mon coeur battre et j'ai laissé passer mes pensées. Et j'ai commencer à vider mon caddie. J'ai interpellé les personnes qui étaient autour de moi à cet instant, leur demandant si des choses de mon caddie pouvaient les intéresser, que je n'en avais peut être pas l'utilité. Et puis j'ai pensé à ma petite famille : qu'est-ce qu'il leur ferait vraiment plaisir? Nous n'allions pas manger à chaque repas ces douze boites de raviolis ... pourquoi ne pas plutôt prendre ce délicieux chocolat que mon épouse apprécie tant avec sa tisane? Et une seule boite de ravioli, ne serait-ce pas suffisant ?


Petit à petit, les paroles angoissantes de mes parents qui encombraient mon esprit se dissipèrent, disparaissant entre les poireaux et les oranges. Arrivé à proximité des caisses, je m'aperçu que mon chariot n'était pas si rempli que cela, comparé à ceux de mes congénères alentour. Je pris même le temps de sourire à nombre d'entre eux, de parler agréablement avec la caissière et de l'encourager à avoir une belle journée malgré la morosité ambiante.


Être amical, joyeux sans exagération. Non seulement pour les autres, mais d'abord pour soi. Petit à petit, je sentais l'emprise de la peur, de la panique se défaire et laisser place à une immense liberté. Petits ou grands, chacun de nos gestes se doivent d'être emplis de bienveillance et d'attention. Parce qu'à la pandémie d'angoisse et de panique doit se substituer une pandémie de gentillesse et d'actes réfléchis.



Pour finir, voici 8 conseils afin de poursuivre notre existence, en Pleine Présence, en ces temps tumultueux :


1. Les pensées ne sont pas une réalité. Avant d'agir sous l'emprise de la Panique, prenez le temps d'une (ou plusieurs) respirations pour distinguer le vrai du faux, l'imaginaire du concret.

2. N'accordez de l'importance qu'après avoir vérifier l'origine et la source d'informations qui vous submergent.

3. Adopter une distanciation sociale peut paraître rude, mais la mort sera bien plus difficile.

4. Lavez-vous les mains ! Après avoir entendu votre mère vus rabâcher pendant des années ce conseil, peut-être est il temps d'y accorder un peu plus d'importance

5. Ralentissez votre rythme, n'enchaînez plus les gestes comme au paravant. Par exemple, prenez conscience que vous portez votre main au visage après avoir posé votre main sur une rambarde d'escalier ou une poignée de porte.

6. Si vous vous sentez affaibli, restez à la maison. Prenez du repos, reboisez votre système immunitaire par des aliments sains et variés, en écoutant des sons apaisants et par des lectures enrichissantes.

7. Prenez conscience des ambiances délétères qui envahissent les magasins d'alimentations. L'énergie que nous véhiculons imprègne les aliments et peuvent les rendre impropres à une saine alimentation.

8. Prenez le temps d'observer avant d'agir: que ce soit avec vos semblables, avec vos proches, votre famille et avec vous même, posez vous des questions simples et répondez-vous sincèrement, avec gentillesse et bienveillance.