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  • Benoit Viot Delforge

L'utilité d'une bonne assise dans la pratique


La « bonne posture » joue un rôle essentiel dans la méditation. D’abord parce qu’elle nous permet d’éviter les affres de l’inconfort de l’immobilité dans la durée mais aussi parce qu’elle favorise une bonne circulation du souffle et de l’énergie pendant la méditation en assurant ainsi pleinement ses bienfaits. 


Pourquoi méditer en position assise et immobile ? C’est une question que vous vous êtes peut-être posée. Si la méditation consiste à contempler ce qui se déroule dans le moment présent, ne peut-on pas faire cela sans avoir besoin de s’immobiliser ? Oui, il est possible de méditer en mouvement… mais, lorsque l’on débute, il est plus facile de le faire en position immobile.

« On n’apprend pas les rudiments de la navigation en pleine tempête, mais par beau temps sur une mer calme. De même, au commencement, il est préférable de méditer dans un lieu tranquille pour donner à l’esprit une chance de devenir clair et stable. », écrit Matthieu Ricard, moine bouddhiste et auteur de L’Art de Méditation.         

L’immobilité et la diminution des stimulations extérieures permettent de créer un cadre où il sera plus facile de focaliser l’attention sur l’objet de sa méditation.


La chaise

On a tous en tête l’image du parfait yogi assis en tailleur dans la position dite du lotus. Avant de vous emmêler les pinceaux pour tenter d’y parvenir, sachez que ce n’est pas forcément la meilleure position pour nous, occidentaux, peu familiarisés avec la posture assise au sol. On peut donc très bien méditer assis sur une chaise, l’effet sera tout aussi bénéfique. Il suffit alors de se tenir droit, fessiers sur le devant de la chaise, sans s’adosser.


Conseils pour l’assise au sol

Si on choisi d’être au sol, il est conseillé de prendre un coussin (safu) ou un petit banc de méditation afin de tenir le dos droit en surélevant le bassin. Dans le cas de l’assise sur coussin, on conseille aux débutants manquant de souplesse au niveau des jambes et hanches de glisser sous chaque genou un coussin de soutien. Si cette formule est encore inconfortable, vous pouvez aussi essayer de vous installer à genou en disposant sous les fesses une pile de coussins suffisamment haute pour que votre corps soit confortable. Assurez-vous toujours que votre taille n’est pas serrée et préférez d’une manière générale des vêtements amples, confortables.


Les variantes de la posture assise sur coussin

Différentes variantes de la posture assise sur coussin sont possibles pour disposer les jambes. Dans la posture du lotus complet on place le pied gauche sur la cuisse droite puis le pied droit sur la cuisse gauche. Si cela s’avère trop difficile, on peut adopter la posture du demi lotus, dite aussi posture du bodhisattva ou posture « heureuse », avec un seul pied posé sur la cuisse opposée. Pour le quart de lotus les pieds sont posés devant nous.


S’installer dans la posture

On place ensuite les mains à plat sur les genoux. Dans la pratique bouddhiste, la main droite est posée sur la gauche au niveau du pubis. La colonne vertébrale est bien droite, comme si un fil invisible la traversait jusqu’au sommet de la tête, s’élevant de la terre vers le ciel. On garde une légère cambrure naturelle au niveau des reins. Les épaules doivent être relâchées. On peut à cet effet commencer la pratique de méditation par une profonde inspiration en relevant fortement les épaules vers les oreilles puis en relâchant tout à l’expiration. Les épaules se positionnent ainsi naturellement, légèrement rejetées en arrière afin de libérer la nuque et les cervicales. Le menton est légèrement rentré contre la gorge. La langue vient se plaquer derrière les dents du dessus, contre le palais. On peut fermer les yeux ou les garder mi clos, le regard vers le bas, dans le prolongement du nez, en fixant si besoin un point au sol. La posture est digne et détendue. On peut s’aider en se représentant son corps tel une montagne, solide et paisible, bien ancrée dans le sol.







L’attention

L’attention est comme un singe sautant d’une branche à l’autre. Notre attention passe avec très grande facilité d’un sujet à l’autre. Imaginez cette scène:

Deux copains se retrouvent dans un café. L’un des deux raconte à l’autre ses déboires au travail. Celui qui écoute est d’abord attentif aux mots de son ami. Puis, dans son champ de vision, en haut à gauche, des images mouvantes attirent son attention. Un écran, accroché sur l’angle du mur, diffuse un clip vidéo, des années 80 ou 90 ? Il n’est pas sûr, mais il est surpris de voir ce vieux clip. Son attention se tourne sur la musique d’ambiance qui confirme sa première impression: ce n’est pas la musique du clip vidéo.

« … comme la fois précédente, il a posé ses vacances avant d’en parler aux autres… »

Son attention retourne sur la discussion. Il s’apprête à poser une question, lorsque l’écran de son téléphone s’illumine d’une notification. Il reconnaît tout de suite le nom de l’expéditrice. Son regard se porte vers le bas sur la gauche, et il plonge dans ses pensées. Pourquoi ce message ? Va-t-elle annuler le rendez-vous de demain ?


Pourquoi est-ce si difficile… ?

L’attention n’aime pas rester en place. Elle saute donc d’un objet brillant à l’autre, puis elle chevauche nos pensées, passant d’une idée à l’autre. Ainsi, elle va de notre monde intérieur aux stimulations extérieures et vice versa.

Notre cerveau a été programmé pour nous permettre de survivre. On a vu qu’il peut, en un éclair, enclencher la réponse de stress. Il garde notre radar actif: l’attention scanne sans cesse l’environnement pour détecter de potentiels dangers et activer si nécessaire la physiologie de survie.

Canaliser l’attention sur un unique objet durant une période continue n’est donc pas notre fonctionnement habituel. Pour réussir, il va falloir réduire les distractions extérieures pour garder toute l’attention disponible.


Limiter les distractions

Un environnement propice: en raison de la difficulté à dévier les distractions, il est préférable de méditer dans un endroit au calme. Il est plus facile de développer la concentration, assis chez soi, qu’en marchant dans une rue bondée.

Avec la pratique, il sera possible de maintenir son attention sur l’objet de son choix même dans des environnements stimulants. Mais lorsque l’on commence la méditation, il est recommandé de limiter les sources de distractions

S’asseoir pour méditer : La position assise et immobile permet de garder toute l’attention sur l’objet de sa méditation. On n’a pas à regarder là où l’on va ou à se soucier de maintenir son équilibre. C’est pourquoi, toutes les traditions de méditation reposent avant tout sur une pratique assise et immobile.

Enfin, on peut méditer n’importe où et n’importe quand, mais il est plus facile de le faire assis dans un endroit calme. Cette méthode vous aidera à ne pas être distrait par les tentations de l’extérieur. Je vous invite à l’essayer pour vous-même.


Bonne pratique !